Les Marocains ne sont pas bons qu’au football : pourquoi le Maroc devient un hub tech

Les Marocains ne sont pas bons qu’au football : pourquoi le Maroc devient un hub tech

Le Maroc est connu dans le monde entier pour son football. Il l’est de plus en plus pour ses développeurs, ses ingénieurs et ses entreprises du numérique.

Stratégie nationale, écoles de code, langues, proximité avec l’Europe : décryptage d’une transformation.

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Publié le · Par l’équipe IT LABS PRO

Quand on parle du Maroc à l’étranger, les premières images sont souvent celles des stades, du tourisme ou de la gastronomie. Pourtant, une autre réalité s’impose depuis quelques années : celle d’un pays qui forme des milliers de développeurs, attire des centres technologiques et exporte des services numériques. Les Marocains ne sont pas bons qu’au football. Voici pourquoi le Maroc devient un véritable hub tech, et ce que cela change pour les entreprises européennes.

Une stratégie nationale : « Maroc Digital 2030 »

En septembre 2024, le gouvernement a présenté la stratégie « Maroc Digital 2030 ». Ses objectifs affichés sont ambitieux : la création de 240 000 emplois directs dans le numérique d’ici 2030, une contribution de 100 milliards de dirhams au PIB, et 40 milliards de dirhams d’exportations numériques, contre 17,9 milliards réalisés en 2023. Pour 2024-2026, 11 milliards de dirhams ont été alloués.

La stratégie repose sur des prérequis clairement identifiés : les talents, le cloud et la connectivité. Sur le volet des compétences, l’objectif est de former 100 000 talents numériques par an à l’horizon 2030, en combinant la formation de nouveaux profils, la reconversion de personnes venues d’autres secteurs et l’attraction de talents étrangers.

Des talents formés autrement : l’exemple de 1337

Le Maroc dispose d’écoles d’ingénieurs et d’universités reconnues. Mais une initiative illustre particulièrement le changement de cap : l’école 1337. Ouverte en 2018 à Khouribga, elle est née d’un partenariat pédagogique entre le groupe OCP et l’école 42, fondée à Paris. Sa formation au code est entièrement gratuite, ouverte sans condition de diplôme, et fonctionne en apprentissage par les pairs, 24 heures sur 24.

Après Khouribga, 1337 s’est installée à Benguerir, au sein de l’Université Mohammed VI Polytechnique, puis à Tétouan. Ce modèle permet de révéler des profils qui n’auraient pas eu accès aux filières classiques, et de former des développeurs habitués à apprendre seuls, à collaborer et à résoudre des problèmes concrets : exactement ce que recherchent les entreprises tech.

Des atouts naturels pour travailler avec l’Europe

Les langues

Le français est très présent dans l’enseignement supérieur et dans le monde des affaires, l’anglais est la langue de travail du développement logiciel, et l’arabe ouvre les marchés du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Cette polyvalence linguistique est rare, et précieuse pour des projets internationaux.

La proximité géographique et horaire

Quelques heures de vol séparent Casablanca, Rabat ou Marrakech des grandes capitales européennes. Et depuis le 20 septembre 2026, l’heure légale marocaine est GMT toute l’année : le décalage avec Paris n’est que d’une heure en hiver et de deux heures en été. Les journées de travail se chevauchent très largement.

La proximité culturelle

Les liens historiques et économiques avec l’Europe, en particulier avec la France, l’Espagne et la Belgique, facilitent la compréhension des attentes, des méthodes de travail et des usages commerciaux.

Un écosystème qui se structure

Au-delà des écoles, l’écosystème numérique marocain s’est densifié : zones et parcs dédiés aux technologies dans les grandes villes, centres de services pour des groupes internationaux, start-up dans la fintech, l’e-commerce ou l’agritech, et un réseau d’agences web et de sociétés de services informatiques qui travaillent pour des clients locaux comme étrangers. Les organisations professionnelles, comme la CGEM, accompagnent aussi cette dynamique.

Ce que cela change pour les entreprises européennes

Pour une agence ou une entreprise française, belge, suisse ou canadienne, le Maroc offre une alternative sérieuse aux destinations lointaines :

C’est pourquoi de plus en plus d’agences confient une partie de leurs développements à des équipes marocaines, souvent en marque blanche. Notre guide sous-traiter son développement web au Maroc explique comment s’y prendre.

Les défis à relever

Tout n’est pas acquis. Le pays doit retenir ses talents face à l’attractivité des marchés étrangers, continuer d’étendre la connectivité et la formation hors des grandes villes, et faire mieux connaître son savoir-faire. Pour une entreprise qui cherche un partenaire, cela signifie qu’il faut choisir avec soin : vérifier les références, tester la collaboration sur un premier projet, s’assurer de la stabilité de l’équipe.

IT LABS PRO, un exemple de cette dynamique

IT LABS PRO est née en 2013 à Marrakech, à l’initiative de l’ingénieur informaticien Mohamed Amine ETTABAA. Depuis, l’équipe conçoit des sites, des applications web et des logiciels de gestion pour des entreprises marocaines et internationales, et travaille en sous-traitance pour des agences francophones. Comme beaucoup d’entreprises tech marocaines, nous voyons chaque année de nouveaux profils de grande qualité arriver sur le marché.

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Ce que recherchent les entreprises qui travaillent avec le Maroc

Les agences et entreprises européennes qui confient des projets à des équipes marocaines citent souvent les mêmes attentes : une communication directe et en français, une vraie compréhension des besoins métier, une qualité de code vérifiable, et une équipe stable dans la durée. Ce sont aussi les critères à vérifier quand vous choisissez un partenaire : références consultables, échanges réguliers, accès au code, et un premier projet pilote pour valider la collaboration.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la stratégie Maroc Digital 2030 ?

C’est la stratégie nationale de développement du numérique présentée en septembre 2024. Elle vise notamment 240 000 emplois directs dans le secteur d’ici 2030 et la formation de 100 000 talents numériques par an.

L’école 1337 est-elle vraiment gratuite ?

Oui. La formation de 1337 est gratuite et ouverte sans condition de diplôme ; l’admission se fait par des tests en ligne puis une phase de sélection.

Quel est le décalage horaire entre le Maroc et la France ?

Depuis le 20 septembre 2026, le Maroc est à l’heure GMT toute l’année : une heure de moins que Paris en hiver, deux heures en été.

Peut-on travailler en français avec une équipe marocaine ?

Oui. Le français est largement utilisé dans le monde professionnel au Maroc, ce qui permet de travailler sur des cahiers des charges et des échanges en français.

Sources